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Accueil > Positions > Presse > Communiqués de presse > 2009 > Titres-services et accueil des enfants : incohérence au cdH !

Communiqué du 12 février 2009.

Nouvelle tentative. Elargir les titres-services à l’accueil des enfants ? Joëlle Milquet, ministre de l’Emploi et présidente du cdH, a récemment relancé l’idée dans la presse. Paradoxal alors que le cdH se dit favorable à la création d’un véritable statut pour les accueillantes conventionnées.

Nos enfants méritent un accueil de qualité qui passe par une professionnalisation légitime du secteur de l’accueil de l’enfant. Serait-il imaginable de payer des enseignants avec des titres-services ? Pourquoi dès lors instaurer ce système pour l’accueil des enfants avant et après l’école ?

Ce 14 février à Namur, le cdH tiendra un congrès consacré au monde associatif. Au programme, notamment, le secteur de la petite enfance. L’occasion pour Vie Féminine et ses services de réaffirmer son opposition catégorique à cet élargissement des titres-services. Nous réitérons nos arguments :

- L’accueil des enfants doit être assuré par des professionnel-le-s qualifié-e-s, encadré-e-s et contrôlé-e-s. Or les titres-services n’offrent pas de garanties suffisantes en matière de formation des travailleurs/travailleuses, ni en matière d’encadrement. Même si des balises sont prévues, il est très facile de les modifier sous une autre législature.

- Le système des titres-services ne permet pas d’accès démocratique aux services car nombre de familles ne pourront s’offrir des prestations dans ce cadre qui, contrairement aux autres formes d’accueil subventionnées, ne prend pas en compte le revenu des parents dans la fixation du prix de la garde.

- Ce système s’accompagne d’une déductibilité fiscale accessible uniquement aux personnes qui ont des revenus imposables, ce qui renforce encore les inégalités. De plus, le tarif des titres-services, même "sociaux", se situe bien au-delà du coût de l’accueil subventionné et reste donc inaccessible pour de nombreuses personnes.

- Les titres-services permettent l’accueil de quelques enfants pour un coût important pour les familles et la société alors que, dans un service subventionné, davantage d’enfants sont accueillis à un coût proportionnel aux revenus de leurs parents. Il existe des solutions alternatives qui permettent de promouvoir l’emploi dans le secteur non-marchand tout en répondant aux besoins non couverts en matière d’accueil de l’enfant.

- Les emplois créés dans le cadre des titres-services ne garantissent pas la continuité de l’accueil, pourtant prônée par le code de qualité de l’ONE, étant donné le turn-over induit par le système même des titres-services.

- L’extension des titres-services à la garde des enfants reviendrait à une privatisation et à une marchandisation de l’accueil risquant d’engendrer le démantèlement des structures publiques et associatives qui offrent des services non-marchands de qualité, accessibles à toutes les familles selon leurs revenus.

- L’accueil des enfants doit être une réelle priorité, y compris en termes de financement récurrent et suffisant permettant le développement des milieux d’accueil à domicile et collectifs adaptés aux nouvelles réalités familiales. De nouvelles places d’accueil subventionnées doivent être créées pour répondre aux besoins des enfants et des parents. Le secteur a besoin d’un refinancement cohérent et structurel. Nous rappelons également la nécessité d’un statut complet de travailleur/travailleuse salarié-e pour les accueillantes conventionnées.

L’accueil et l’avenir de nos enfants méritent une réflexion profonde, des propositions cohérentes et non pas un emplâtre sur une jambe de bois.

Pour toute information complémentaire :
- Hafida Bachir, présidente de Vie Féminine
- Laurence Stevelinck, chargée de communication
02/227.13.28
communication@viefeminine.be