logo home

Accueil > Positions > Presse > Communiqués de presse > 2007 > Orange bleue : Prendre ses responsabilités pour ne pas accentuer la précarité des femmes (...)

Communiqué du 17 octobre 2007

Nous avons pris connaissance de la note de l’Orange bleue intitulée « une société sûre et une justice efficace, proche et humaine ». Vie Féminine se réjouit de voir enfin le tribunal de la famille figurer parmi les priorités de l’Orange Bleue. L’installation d’un tribunal de la famille permettra le traitement de tous les litiges familiaux, ce qui devrait réduire la dispersion actuelle du contentieux familial entre différents tribunaux. Nous nous réjouissons également de l’accord concernant le Service des créances alimentaires. A ce sujet, nous attendons des précisions pour voir concrètement les mesures qui seront envisagées.

Nous sommes inquiètes, cependant, de voir que la nouvelle loi sur le divorce ne fait l’objet que d’une demi ligne noyée dans une note qui fait 28 pages ! Cette loi, d’application depuis le 1er septembre dernier, est de l’avis général très lacunaire et ne peut être maintenue telle quelle.

Pour Vie Féminine, comme nous n’avons cessé de le répéter tout le long des débats parlementaires, cette loi est complètement méprisante et discriminatoire pour les femmes. [1]

En cette Journée Mondiale de lutte contre la pauvreté, nous tenons à rappeler que cette réforme va précariser encore plus les femmes qui, avec les enfants et les migrants, occupent déjà une place de « choix » dans les statistiques de la pauvreté en Belgique. [2]

Avant l’adoption de cette réforme, Vie Féminine faisait déjà le triste constat que la rupture dans le couple était très souvent synonyme de précarité pour les femmes.

En effet, un des nÅ“uds de la précarité féminine réside dans le fait que malgré les évolutions sociales, les femmes restent la plupart du temps étroitement liées à la famille et aux enfants. Dès leur plus jeune âge, les petites filles sont éduquées pour prendre en charge le côté privé, affectif et relationnel de l’existence. Devenues adultes, elles se retrouvent ainsi à l’intersection du privé et du public et risquent, suite à un divorce, de basculer du jour au lendemain dans la précarité.

Pour beaucoup de femmes, la rupture a un prix important. Certaines décisions prises en amont (retrait du marché de l’emploi, arrêt des études...) ont en effet des répercussions catastrophiques après la séparation.

Les femmes se retrouvent alors exclues d’un marché du travail qui qualifie de « vieux » tout-e quadragénaire et dont la rapidité de changement éjecte toute personne sortie pendant quelques années du circuit (ou jamais entrée).

Quand survient la rupture, les femmes sont obligées de composer comme elles le peuvent. Celles qui se retrouvent à la tête d’une famille monoparentale doivent se débrouiller avec leurs faibles revenus ou trouver à tout prix un emploi. Et, la plupart du temps, il n’est pas question, en cas de coup dur, de compter sur son ex-partenaire, presque toujours plus aisé pourtant.

Les effets de la rupture, quoique difficiles pour les deux partenaires, ne sont donc pas identiques selon que l’on soit homme ou femme, surtout lorsqu’il y a des enfants.

La nouvelle loi réformant le divorce ne va malheureusement pas améliorer la vie de ces femmes, qui risquent de venir grossir les files d’attente dans les CPAS et conforter ainsi encore plus les statistiques du Service Public Fédéral Economie.

Nous demandons au futur gouvernement de prendre ses responsabilités pour que cette nouvelle loi ne contribue pas à accentuer la précarité galopante des femmes.

Contacts :
Hafida Bachir
présidente de Vie Féminine
presidente-nationale@viefeminine.be
02 227 13 01

notes :

[1Vie Féminine tient à disposition un argumentaire qui détaille l’impact de cette loi sur les femmes.

[2Voir étude du Service Public Fédéral- Economie relayée par la presse à l’occasion de la Journée Mondiale de lutte contre la précarité- octobre 2007.