logo home

Autres articles dans cette rubrique

recherche

Accueil > Positions > Etudes > Ne me libère pas...je m’en charge ! Notre autonomie en pratiqueS

Nous proposons, dans cette étude, différents regards sur des chemins, des processus, des paroles, des actes émancipateurs : petits ou grands, personnels ou collectifs, ici ou ailleurs... Ces réflexions, ces témoignages, ces rencontres invitent chacune à "nourrir" ses propres chemins d’émancipation, ses rêves, ses envies, ses parcours de liberté.

La semaine d’étude annuelle de Vie Féminine était consacrée au thème de l’autonomie des femmes. L’autonomie des femmes est une réalité très récente puisque jusqu’il n’y a pas si longtemps dans le domaine légal, les femmes étaient encore considérées comme mineures et étaient sous la tutelle de leur père ou de leur mari. Et si aujourd’hui, les femmes ont peut-être conquis l’égalité en droit, dans la réalité sociale quotidienne, cette égalité est loin d’être acquise. En effet, la domination patriarcale prend toujours de nouvelles formes et la subordination des femmes se recompose sans cesse autrement. De plus, il faut rajouter à cela l’offensive néo-libérale et l’effet du backlash (c’est-à -dire le retour de bâton qui a suivi le mouvement de libération des femmes des années 70 pour faire reculer les avancées féministes) qui s’attaquent en permanence à l’autonomie et aux droits des femmes. Finalement, on pourrait dire que l’image d’autonomie formelle que donne le système cache le manque d’autonomie réelle des femmes. Mais attention, il ne s’agit de sous-entendre que les femmes ne sont pas autonomes. Nous pensons plutôt qu’elles sont potentiellement très autonomes et qu’elles activent une série de stratégies et de leviers d’autonomie mais que leur manque d’autonomie réelle rend la question de l’autonomie des femmes encore très actuelle.

Pour nous, l’autonomie est plurielle parce que composée de différents champs (autonomie économique, affective, de pensée, etc.) et traversée par des tensions (par exemple entre individuel et collectif, indépendance et interdépendance, etc.) mais aussi parce qu’elle n’est jamais absolument atteinte. L’autonomie doit donc être vue comme un processus non-linéaire, une perspective vers laquelle parfois on tend, mais qui comprend toujours une série de contradictions. Pour désigner ce processus, on peut aussi parler d’émancipation. En considérant l’autonomie comme l’enjeu d’une pratique d’émancipation, on ne tombe ni dans le piège d’une définition libérale de l’autonomie (individuelle), ni dans celui de considérer l’autonomie comme quelque chose de figé, puisque l’émancipation renvoie à un processus.
C’est cet aspect des champs d’autonomie et des expériences d’émancipation que nous avons voulu explorer dans cette étude. Il ne s’agit pas de dire aux femmes en quoi devrait consister leur émancipation, encore moins de prétendre qu’il y a des femmes émancipées et d’autres qui ne le sont pas ! De toute façon, on ne peut pas décréter qu’il existe un modèle de femme émancipée qui, par exemple, travaille ou non, s’habille de telle manière, a telle apparence physique et vestimentaire... Les chemins de libération, la conquête de l’autonomie se déclinent de mille et une manières et ne sont sans doute jamais terminés. Et puis, qui peut prétendre juger du degré d’émancipation de telle ou telle femme ? De plus, nous sommes convaincues que l’émancipation n’est pas, comme le prétend le discours libéral, le fruit d’un "mérite" personnel, d’un talent ou d’une réussite individuelle. Pour nous, l’émancipation est une question collective, sociale, politique. Notre situation de femmes du monde populaire, de femmes racisées, de femmes subissant diverses inégalités en témoigne tous les jours.

Nous voudrions donc proposer ici différents regards sur des chemins, des processus, des paroles, des actes émancipateurs : petits ou grands, personnels ou collectifs, ici ou ailleurs... Ces réflexions, ces témoignages, ces rencontres invitent chacune à "nourrir" ses propres chemins d’émancipation, ses rêves, ses envies, ses parcours de liberté. Pour réaliser cette étude, nous avons rassemblé plusieurs contributions pour lesquelles nous avions sollicité la collaboration des journalistes travaillant pour notre mensuel axelle, en plus de nos propres apports (bureau d’étude, équipe de rédaction). Ces contributions prennent plusieurs formes : articles thématiques, portraits, entretiens. Elles permettent de cerner certains enjeux que nous voulions aborder en matière d’autonomie économique, affective, de pensée, etc. et de mieux appréhender la définition féministe que nous voulions donner à ces concepts. Elles ont été publiées, avec d’autres textes, dans le numéro Hors-série d’axelle, paru en juillet 2011 et diffusé à large échelle lors de notre semaine d’étude.

Pour obtenir cette étude, vous pouvez contacter Vie Féminine via :
- le secrétariat régional de votre région
- le secrétariat national : secretariat-national@viefeminine.be
02/227.13.00

Prix : 4,00 € membre de Vie Féminine / 8,00 € non-membre + frais d’envoi.