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Accueil > Nationale > Dossiers > Chacun-e a droit à une place ! > Réaction de la Région Picarde sur l’art. 4 du Congrès 2010

La région Picarde insiste pour que nous gardions nos « feux clignotants » allumés devant des propositions telles que « le statut de l’aidant proche » et plus particulièrement en matière de handicap.

Vu les difficultés rencontrées au quotidien par les femmes et/ou mères de personnes handicapées pour concilier vie professionnelle, vie sociale et vie familiale, on pourrait penser que ce statut « d’aidant » serait « la » solution. Nous pensons qu’il y a un grand risque de voir ces femmes et/ou mères se retrouver dans la spirale de « l’enfermement » progressif entre leurs quatre murs, seule avec la personne handicapée, et plus particulièrement dans le cas de la grande dépendance.

Nous pensons que ce n’est bon, ni pour les femmes, ni pour les personnes handicapées, de voir leur horizon se restreindre à 2 personnes.
Nous pensons même que les risques de maltraitance augmentent dans ces conditions, sans aborder ici tout ce que cela entraîne au niveau précarité !

Nous voulons donc que soient maintenues, à côté de cette proposition, des alternatives comme la création de nouvelles places d’accueil et le développement de services de proximité de qualité, accessibles financièrement et en nombre suffisant (lieux de répit, centres de jour, hébergement,...)

Lire l’article 4 du Congrès ci-dessous :

Article 4 - Dans une société égalitaire, solidaire et juste, les soins aux autres sont une responsabilité collective.

Les femmes veulent une société où elles n’assument plus toutes seules une série de tâches.
Cela concerne bien sûr les tâches domestiques qui assurent une qualité de vie à l’entourage, mais aussi toutes les tâches et attitudes liées au soin des autres – et notamment des plus vulnérables comme les nourrissons, les enfants, les malades, les aîné-e-s, les personnes handicapées, dans la détresse. Ces tâches leur tiennent à coeur dans la mesure où elles incarnent une fonction sociale et une valeur qu’elles considèrent comme essentielles à la vie en société. Mais elles dénoncent la persistance d’une conception des rôles sociaux qui attribue naturellement ces tâches aux femmes. D’autant que cela a des conséquences sur leur vie : perte d’autonomie, culpabilité, souffrances psychiques, sentiment de dévalorisation, problèmes de santé.

Dans une société égalitaire, solidaire et juste,

4.1. Les soins aux autres relèvent de la responsabilité collective de toute la société, c’est-à -dire qu’il existe en suffisance des services accessibles et de qualité permettant de répondre aux besoins de la population en matière d’accueil, d’éducation, de développement, d’accompagnement des personnes dépendantes.

4.2. Cette prise en charge des soins aux autres est également partagée par les hommes, dans la sphère privée comme dans la sphère publique.

4.3. Les services mis en place dans ce cadre n’ont pas pour seul objectif de favoriser l’accès des femmes au marché du travail. Ils sont au bénéfice de la collectivité en favorisant le bien-être, la sociabilité, l’accompagnement de tous leurs bénéficiaires, usagères et usagers. De ce fait, ils garantissent aussi une égalité de tous et toutes face à des droits comme la santé, l’éducation, la culture, etc.