Groupe de réflexion Vie Féminine « Covid et éducation permanente »

La Louvière


Le 13 octobre 2020, notre groupe de réflexion Vie Féminine La Louvière s’est à nouveau réuni autour de la question Groupe « Covid et éducation permanente ».


Notre groupe ne s’était plus réuni depuis Février. A ce moment, Concetta et Claudine, deux membres du groupe, avaient animé notre rencontre dans la perspective d’une année centrée sur la fracture numérique et l’idée de trouver des moyens pour que chacune puisse progresser dans ce domaine.

Notre projet est resté en attente mais nous sentions combien notre groupe avait envie de se réunir. Lors de l’accalmie de Juillet, nous avions programmé une rencontre avec toutes les règles de sécurité. Nous avons décidé de supprimer cette rencontre en dernière minute parce que les chiffres de contamination du Covid remontaient.
En septembre, l’espoir d’une rencontre se profilait à nouveau et grâce à Julie, l’animatrice de Vie Féminine à La Louvière, nous avons pu occuper un grand local qui nous permettait de nous revoir, en respectant toutes les règles et en comptant sur la responsabilité de chacune. Ce jour-là, le 13 octobre, malgré un temps d’automne gris et pluvieux, ce fut la fête. Nous étions 20, mais nous revoir, même à 1m50 et masquées, assises sagement devant les tables installées par Julie, nous comprenions combien la rencontre avait de sens dans la vie de chacune.

L’ordre du jour était le suivant :

  • Le ressenti de chacune pendant le confinement, aspects positifs et négatifs.
  • Que nous apporte notre groupe : bilan du travail réalisé au cours des dernières années.
  • Comment continuer l’action sur le thème de la fracture numérique ?

Ressenti de chacune
La méthode proposée par Julie consistait en une question écrite sur papier pour chacune. Elle a permis l’expression de toutes, tout en laissant la place pour les autres points de l’ordre du jour.

En résumé, certaines ont redécouvert et resserré les liens familiaux, d’autres sont devenues plus autonomes en faisant des choses dont elle ne se sentaient pas capables auparavant. D’autres encore étaient fières du rôle que des femmes ont joué (personnel soignant, fabrication de masques… y compris le rôle de la première Ministre). Mais si certaines disaient être restées sereines, d’autres ont exprimé leur peur et le côté pénible de l’enfermement.
Pour clôturer ce point, nous avons tenté de préciser le rôle des experts scientifiques et celui des politiques. Les experts s’expriment sur l’état des connaissances à un moment donné et il est normal que leurs avis soient parfois différents. Les responsables politiques doivent tenir compte de leurs avis tout en intégrant tous les aspects de la vie en société : enseignement, économie, action sociale, etc…

Que représente le groupe pour nous ? Petit bilan de nos actions
Nombreuses sont celles qui se sont exprimées et voici ce qu’elles ont dit : sur tous les thèmes que nous abordons, elles apprécient de ne pas être jugées négativement, quoi qu’elles disent. Elles se sentent en confiance. Les avis différents ouvrent l’esprit et aident à se faire une opinion. On peut avoir un avis plus souple, moins arrêté.
Nous avons parfois invité des experts sur la Sécurité Sociale, le vieillissement (aides pour garder l’autonomie), les médicaments etc… qui nous ont enrichies intellectuellement dans une démarche d’éducation permanente.

Notre groupe est ouvert sur l’extérieur. Les femmes ont d’abord rappelé leur participation aux autres activités de Vie Féminine sur La Louvière : le cours de cuisine, la marche, le cours de gymnastique, l’activité théâtre. Mais le groupe a aussi été présent dans les évènements du 8 mars organisés par la plate-forme Femmes du Conseil Consultatif de l’Égalité des Hommes et des Femmes. Il a été un acteur dans les contacts et actions avec « Solidarité femmes » ASBL qui prend en charge la maison d’Accueil pour femmes Battues. Nous avons plusieurs fois participé à la Commission Violences, en vue d’une formation des policiers pour un meilleur accueil des femmes victimes de violences.

Le groupe a participé à des activités culturelles : nous avons découvert ensemble les Musées de La Louvière et le Musée de Lens, situé sur une ancienne région minière du Nord de la France, semblable à la nôtre. Sur un plan politique, après avoir visité le Parlement Européen, nous avons visité il y a 4 ans le Parlement Wallon, avec interview d’une députée sur son travail parlementaire.

Et pour l’avenir ?
Deux questions sont préoccupantes :

-Notre groupe joue un rôle important dans l’action de Vie Féminine de notre région, d’autant plus que le siège de Vie Féminine est centré à Mons. Les animatrices bénévoles qui s’investissent à La Louvière sont très âgées. Julie, l’animatrice doit pouvoir s’appuyer sur des femmes qui soient des relais pour assurer les invitations, les contacts et parfois l’animation du groupe. C’est une réflexion urgente à entreprendre qui a déjà permis à certaines de préparer une animation mais qui est à construire plus durablement.

-Le thème de la fracture numérique est capital pour que les femmes ne soient pas exclues des nouveaux modes de communication ; En attendant de réelles formations, les savoirs de certaines pourraient être partagés entre toutes dès que les rencontres seront possibles. Toutefois comme nous l’avons expérimenté, cela exige une prise de responsabilité et la mise en œuvre de toutes les protections nécessaires. Cette démarche nous demande de ne pas céder à la peur, de résister à cette ambiance de mort qu’a créée la gravité du virus au point de nous faire oublier d’aimer la vie telle qu’elle est, notamment avec ces moments de rencontre remplies d’amitié.

Andrée et Renée


Nous avons besoin de votre soutien